Inondations : la Wallonie poursuit la reconstruction et renforce sa préparation face aux risques climatiques
Près de cinq ans après les inondations de juillet 2021, le Gouvernement wallon poursuit la reconstruction des vallées sinistrées et tire les enseignements de la catastrophe. Réforme des calamités, amélioration de la gestion des crises, nouveaux bassins d'orage et poursuite des chantiers : plusieurs décisions ont été prises pour mieux protéger les citoyens et préparer la Wallonie aux événements climatiques extrêmes.
Réforme du cadre légal des calamités naturelles et agricoles
Dix ans après sa création et à la lumière des enseignements tirés des inondations de 2021, le Gouvernement wallon modernise le dispositif d’indemnisation des calamités naturelles et agricoles afin de le rendre plus simple, plus rapide et plus efficace.
Les grandes lignes de la réforme peuvent se résumer comme suit :
- cadre réglementaire wallon unique pour le volet des calamités naturelles et des calamités agricoles ;
- des démarches administratives simplifiées et davantage digitalisées, intégrant les enseignements des inondations de 2021 et les effets du changement climatique. Concrètement, l'assureur prendra désormais en charge les démarches pour son client ;
- des délais de reconnaissance et d’indemnisation réduits et une meilleure prévisibilité des différentes étapes de la procédure et de son issue.
Le Gouvernement travaille également avec les autres Régions, le Fédéral et le secteur des assurances afin de garantir, en cas de catastrophe majeure, une indemnisation complète des citoyens même si les plafonds d’intervention prévus par la loi sont atteints.
Un premier plan régional spécifiquement consacré aux inondations
Le Gouvernement a adopté le premier plan régional spécifiquement dédié aux inondations. Celui-ci vient compléter le Plan régional de crise à portée générale, et vise à améliorer la coordination et la réactivité des différents services en cas de crise liée aux inondations.
Ce nouveau dispositif a déjà été testé lors d’un exercice grandeur nature et mobilisé lors des épisodes orageux de la fin du mois de mai. Ces expériences ont permis d’identifier plusieurs pistes d’amélioration pour renforcer encore la capacité de réaction de la Wallonie. En parallèle, la Wallonie continue à développer et soutenir une série d’actions en matière de préparation et de sensibilisation à la culture du risque.
Une meilleure surveillance des cours d’eau
Le Gouvernement wallon poursuit la mise en œuvre du nouveau cadre relatif aux barrages-réservoirs afin de renforcer la sécurité des populations, de mieux prévenir les risques et d'améliorer la gestion des infrastructures hydrauliques stratégiques.
Par ailleurs, un nouveau marché public sera lancé afin d'assurer le suivi et l'entretien d'une centaine de points de mesure du réseau hydrologique wallon. Ce réseau permet de connaître en temps réel les précipitations, les niveaux des cours d'eau et des lacs de retenue ainsi que le fonctionnement des barrages, afin de mieux anticiper les épisodes météorologiques importants.
Une étude pour vérifier l’efficacité des dispositifs de lutte contre les inondations
Une nouvelle étude menée par ULiège-Gembloux entre 2028 et 2030 analysera plusieurs solutions naturelles permettant de mieux retenir l'eau en amont des vallées. Replantation de haies, aménagements agricoles et forestiers ou encore dispositifs favorisant l'infiltration de l'eau seront étudiés afin de ralentir le ruissellement et de limiter les risques d'inondation dans les fonds de vallée.
« Près de cinq ans après les inondations de 2021, notre responsabilité est double : poursuivre la reconstruction là où cela est nécessaire, mais aussi mieux préparer la Wallonie aux conséquences du changement climatique. Cela passe par des ouvrages, des systèmes d'alerte plus performants, mais aussi par une réflexion plus large sur l'aménagement du territoire et la manière de mieux retenir l'eau en amont des vallées », soutient le Ministre-Président Adrien Dolimont.
13 millions d’euros pour poursuivre la réhabilitation des infrastructures régionales
Le Gouvernement wallon octroie une subvention de 13 millions d’euros à la SOFICO afin de poursuivre la réhabilitation des infrastructures régionales touchées par les inondations de juillet 2021. Elle vise à garantir la poursuite des travaux nécessaires sur les voiries, ouvrages d’art, voies hydrauliques, tunnels, bassins d’orage et autres infrastructures publiques impactées.
Une reconstruction suivie, étape par étape
Depuis 2021, la Wallonie poursuit un important travail de remise en état des infrastructures régionales touchées par les inondations. Des chantiers ont déjà été engagés sur des ponts, des berges, des bassins d’orage, des tunnels, des voies hydrauliques ou encore des routes régionales. Objectif : rétablir des infrastructures sûres, utiles et durables pour les citoyens, les communes, les entreprises et l’ensemble des usagers.
La subvention de 13 millions d’euros approuvée aujourd’hui en faveur de la SOFICO, pour l’année 2026, constitue un nouveau palier au sein d’une programmation pluriannuelle visant à favoriser la résilience sur les territoires sinistrés. Ce mécanisme progressif permet d’assurer la continuité des travaux tout en garantissant une gestion responsable des moyens publics.
Ce que recouvrent les 13 millions d’euros
Concrètement, les 63,3 millions d’euros octroyés précédemment à la SOFICO couvrent plusieurs types d’infrastructures : des tunnels pour 35,4 millions euros, des bassins d’orage pour 26 millions euros et des écrans anti-bruit pour 1,9 millions euros.
Les travaux financés par la nouvelle subvention de 13 millions euros concernent principalement la réhabilitation de bassins d’orage. Ils visent à remettre les ouvrages dans leur état initial et à garantir leur bon fonctionnement. Ils comprennent principalement le curage des sédiments accumulés, comme les boues et les terres, mais aussi l’entretien de la végétation, la remise en état des accès et des circulations autour des bassins, ainsi que les réparations nécessaires aux équipements d’entrée, de sortie, de dépollution ou de décantation.
Des ouvrages identifiés pour renforcer la gestion des eaux
Dans le cadre du marché de réhabilitation des bassins d’orage, doté de 3 x 3 millions d’euros, une première liste prévisionnelle d’ouvrages à réhabiliter a été établie. Cette sélection repose sur une analyse croisant plusieurs critères : les priorités identifiées en matière de gestion des risques d’inondation et de protection de l’environnement, l’état d’avancement de certains projets structurants, ainsi que les retours concrets du terrain transmis par les équipes opérationnelles et les directions territoriales.
Nom du bassin | Commune | Code Route |
BO de Dinant | Dinant | N97 |
BO de Temploux | Namur | A15 |
BO de Warisoulx | La Bruyère | A15 |
BO de Cognelée | Namur | A15 |
BO de Courrière | Assesse | A4 |
BO de Wanlin 2 | Houyet | A4 |
BO n°1 (Resteigne) | Tellin | A4 |
BO n°5 Werbomont I | Ferrières | A26 |
BO n°12 Houfflaize IV | Houffalize | A26 |
BO 14 de Noville | Bastogne | A26 |
BO n°23 Pré aux chevaux | Neufchâteau | A26 |
BO n°3 (de Luchy) | Libramont-Chevigny | A4 |
BO n° 12 (Lundifontaine) | Neufchâteau | A26 |
BO n° 13 (Burnaimont) | Léglise | A4 |
BO n° 22 (Schoppach) | Arlon | A4 |
BO n° 1 (L'épine) | Tournai | A8 |
BO n° 4 (échangeur II) | Tournai | A8 |
BO n° 12 (Plat Rieu) | Ath | A8 |
BO 17 (Landelies) | Montigny-Le-Tilleul | N9 |
BO n°3 du Pisselet | Grez-doiceau | N25 |
BO n°12 bretelle Mont St-Jean | Waterloo | R0 |
BO n°1 (Sur Rôpâ) | Clavier | N63 |
BO n°2 (Petit-Brin) | Clavier | N63 |
BO n°3 (Clavier) | Clavier | N63 |
BO n°4 (Vicinal) | Clavier | N63 |
BO n°5 (Bois) | Clavier | N63 |
BO n°6 (Borsu) | Clavier | N63 |
BO N°8b | Bassenge | A13 |
BO N°11 | Herstal | A13 |
BO N°7 | Herstal | A13 |
BO N°8b | Herstal | A13 |
BO 11 (Villers-le-Bouillet) | Villers-le-Bouillet | A15 |
BO 2 (Longpre) | Héron | A15 |
BO d'Hognoul | Awans | A3 |
BO N°3b | Herstal | A601 |
BO N°3 | Herstal | A601 |
BO 3 (Saint-Laurent) | Liège | A602 |
BO N°19 | Lontzen | A3 |
BO N°20 | Lontzen | A3 |
BO n°25 | Theux | A27 |
BO n°32 | Jalhay | A27 |
BO n°34 | Jalhay | A27 |
BO n°35 | Stavelot | A27 |
Une partie de l’enveloppe finance également des études spécifiques, lorsque la complexité des situations dépasse les capacités internes de l’administration. Ces études permettent d’analyser des problèmes liés aux inondations et de préparer des solutions adaptées. Ce n’est pas seulement du “chantier lourd”, mais c’est aussi de l’ingénierie et de la sécurisation.
Pour François Desquesnes, « la réhabilitation des infrastructures régionales est essentielle pour les habitants, les communes, les entreprises et tous les usagers. Elle permet de restaurer des liaisons importantes, de sécuriser les déplacements et de renforcer la résilience des territoires face aux risques futurs ». Le Ministre ajoute : « Avec cette nouvelle subvention de 13 millions d’euros, nous poursuivons un engagement concret auprès des territoires touchés par les inondations. Il ne s’agit pas seulement de réparer, mais aussi de reconstruire avec sérieux, méthode et sens des responsabilités. Chaque euro investi doit avoir un impact utile pour les citoyens et renforcer durablement nos infrastructures, et c’est le cas ici ».
Pour Adrien Dolimont, « reconstruire après une catastrophe comme celle de 2021 ne se fait pas en quelques mois. C'est un travail de longue haleine qui exige de la méthode, de la persévérance et une gestion responsable des deniers publics. Cette décision illustre notre volonté de poursuivre les investissements là où ils sont utiles, pour renforcer la sécurité des citoyens et préparer la Wallonie aux défis de demain ».
Une action inscrite dans la durée
Ce soutien de 13 millions d’euros à la SOFICO permet de poursuivre les engagements pris depuis 2021, avec un suivi rigoureux des dépenses et des chantiers. Il illustre la volonté du Gouvernement wallon de reconstruire les infrastructures publiques touchées par les inondations avec méthode, efficacité et durabilité, au service des citoyens et des territoires sinistrés.
Le Gouvernement wallon prolonge le droit de tirage pour sécuriser les acquisitions et démolitions
Le Gouvernement wallon prolonge le délai de transmission des pièces justificatives liées au droit de tirage destiné à l’acquisition de biens immobiliers et aux travaux de démolition subséquents aux inondations de juillet 2021. Cette décision permet aux communes sinistrées de finaliser les dossiers en cours, d’éviter une perte de moyens utiles sur le terrain et d’assurer une utilisation plus efficace des enveloppes régionales.
Un délai prolongé pour répondre aux réalités du terrain
Le Gouvernement wallon a approuvé la modification de la circulaire du 1er décembre 2022, déjà adaptée le 19 décembre 2024, qui fixe la procédure et les modalités de mise en œuvre du droit de tirage mis à disposition des communes les plus touchées par les inondations de juillet 2021.
Ce droit de tirage, doté d’une enveloppe maximale de 25 millions d’euros, vise à soutenir les communes dans l’acquisition de biens exposés aux risques d’inondation et dans la réalisation des travaux de démolition qui en découlent. Il constitue un outil concret pour accompagner les territoires sinistrés, renforcer la sécurité des citoyens et permettre une reconstruction plus résiliente. La date limite de transmission des pièces justificatives est désormais prolongée jusqu’au 14 juillet 2028. Le remboursement éventuel des montants non utilisés interviendra, le cas échéant, en 2029.
Neuf communes concernées, une logique d’égalité
Le Gouvernement a également approuvé les neuf arrêtés modificatifs octroyant une subvention dans le cadre de ce droit de tirage. Les communes concernées sont :
• Chaudfontaine ;
• Esneux ;
• Liège ;
• Limbourg ;
• Pepinster ;
• Rochefort ;
• Theux ;
• Trooz ;
• Verviers.
Plusieurs communes ont déjà utilisé l’intégralité de leur enveloppe. D’autres, comme Esneux et Rochefort, font face à des situations plus complexes : procédures d’expropriation en cours, absence d’accord avec certains propriétaires, reports d’opérations vers un second droit de tirage ou encore délais liés aux acquisitions et démolitions.
La prolongation décidée permet donc d’adapter le calendrier aux réalités administratives et humaines rencontrées par les communes. Elle évite également que des moyens prévus pour des opérations utiles soient remboursés trop rapidement alors que les dossiers restent nécessaires pour la sécurité et l’aménagement futur des zones touchées.
Une utilisation plus efficace des moyens publics
Cette décision s’inscrit dans une logique de responsabilité et de bonne gestion. En alignant l’échéance du premier droit de tirage sur celle du second, la Wallonie permet aux communes d’optimiser l’utilisation des deux enveloppes disponibles. Objectif : éviter les doublons, limiter les pertes de moyens, soutenir les projets réellement utiles et garantir que chaque euro public soit utilisé de manière efficace.
« Cette prolongation est une décision de bon sens. Elle permet aux communes sinistrées de poursuivre leur travail sans précipitation inutile. Notre priorité est d’apporter des solutions utiles et concrètes aux citoyens touchés par les inondations », souligne François Desquesnes, Ministre du Territoire.
Accompagner les communes dans la durée
Près de cinq ans après les inondations de juillet 2021, certains dossiers restent longs et sensibles. Les acquisitions de biens, les discussions avec les propriétaires, les expropriations éventuelles et les travaux de démolition demandent du temps. La décision du Gouvernement wallon permet de maintenir le soutien régional aux communes concernées, tout en assurant un suivi rigoureux des moyens engagés.
La Wallonie avance dans ses schémas stratégiques par bassin versant
Le Gouvernement wallon a pris connaissance de l’état des lieux de l’avancement des schémas stratégiques multidisciplinaires par bassin versant. Cette démarche s’inscrit dans le suivi de la recommandation 135 de la Commission d’enquête parlementaire sur les inondations de juillet 2021. Ces schémas visent à mieux organiser la reconstruction, la prévention et l’aménagement du territoire dans les zones exposées aux risques d’inondation. Ils permettent d’agir à l’échelle la plus pertinente : celle des bassins versants, là où l’eau circule réellement.
Deux bassins versants déjà engagés, un troisième programmé
La Wallonie avance de manière progressive, en donnant la priorité aux territoires les plus sensibles. Les choix sont posés sur base de critères clairs : le niveau de risque d’inondation, le degré d’urbanisation, la disponibilité des données hydrauliques et les moyens administratifs disponibles.
Deux bassins sont actuellement concernés, à des stades différents :
- Le schéma stratégique du bassin versant de la Vesdre (environ 703 km²), lancé après les inondations de juillet 2021, est désormais clôturé. Il constitue une base de travail importante pour renforcer la résilience de la vallée et accompagner les communes dans leurs démarches d’aménagement. Ses enseignements doivent dorénavant être mobilisés dans l’élaboration des schémas de développement communaux.
- Le schéma stratégique de l’Ourthe aval (environ 1110 km²) est, lui, entré dans une phase opérationnelle. Le marché a été attribué au bureau SWECO et a débuté officiellement le 10 février 2026. Le premier volet, consacré à l’élaboration du schéma, est attendu pour août 2027. Objectif : produire un outil utile pour les communes, les services publics et l’instruction des permis d’urbanisme et d’urbanisation.
Un troisième schéma est en préparation pour le bassin de la Dyle, avec les bassins de la Lasne, de la Nethen, du Train et du Pisselet. Cet ensemble cohérent couvre environ 591 km² et concerne un territoire marqué par une urbanisation importante. Le marché devrait être attribué avant la fin de l’année 2026, pour une étude prévue sur la période 2027-2029.
Des outils utiles pour les communes et les citoyens
Ces schémas stratégiques ont une vocation très concrète. Ils doivent aider à mieux décider où et comment aménager, construire, protéger, désartificialiser ou restaurer les espaces naturels. Ils permettront aussi de renforcer le dialogue entre les communes concernées par un même bassin versant. Leurs conclusions et lignes directrices serviront à bien intégrer l’enjeu de la prévention des inondations dans le cadre des schémas de développement communaux en cours d’élaboration dans la plupart des communes de Wallonie. Il s’agira notamment d’encadrer, de limiter ou de conditionner strictement la mise en œuvre de zones constructibles. L’objectif est de développer une vision commune des risques et des solutions. Le schéma de l’Ourthe aval représente un engagement de 500.026,45 euros TVAC.
Une méthode fondée sur l’anticipation et la résilience
« Les inondations de 2021 ont montré que nous devons mieux anticiper les risques et organiser nos territoires de manière plus résiliente. Ces schémas stratégiques sont des outils concrets, pensés pour les communes et pour les citoyens. Ils permettront de prendre de meilleures décisions, au bon endroit, avec une vision d’ensemble », souligne François Desquesnes.
Ce travail s’inscrit également dans l’évolution récente du Code du Développement territorial. Désormais, le Gouvernement wallon peut tenir compte des enjeux liés à la lutte contre les inondations lorsqu’il examine les schémas de développement communaux. Cette avancée renforce le rôle de ces outils dans une planification territoriale plus cohérente, plus responsable et mieux adaptée aux risques.
Inondations, sécheresses, canicules : la Wallonie franchit une nouvelle étape
L'élaboration de la future Stratégie wallonne d'adaptation aux changements climatiques franchit une nouvelle étape. Les grandes orientations ont été identifiées. Les travaux aboutiront d’ici la fin de l’année, avec, à la clé, une série d’actions concrètes et objectivées.
Les inondations de juillet 2021 l’ont démontré : aucun territoire n'est à l'abri de phénomènes extrêmes. Face à ce défi, les pouvoirs publics ont la responsabilité d'anticiper, protéger et préparer.
Le Gouvernement y travaille au travers de la stratégie régionale d’adaptation aux changements climatiques. Cette feuille de route doit permettre d'orienter les investissements publics, de mieux coordonner les politiques sectorielles et d’intégrer davantage la gestion des risques climatiques dans les décisions qui façonnent le territoire wallon.
À la suite de la présentation, l’an dernier, des résultats de l’étude consacrée aux vulnérabilités du territoire wallon, le Gouvernement wallon a approuvé le lancement des travaux visant à élaborer une stratégie d’adaptation assortie d’un plan d’action. Dans ce cadre, un marché public a été attribué à l’Institut de Conseil et d’Études en Développement Durable (ICEDD) ; celui-ci accompagne les pouvoirs publics dans leur démarche. Les enseignements issus de l’étude de vulnérabilité constituent le socle de la stratégie en cours d’élaboration et ont d’ores et déjà nourri plusieurs rencontres avec les acteurs concernés, permettant de confronter les analyses scientifiques aux réalités de terrain.
Sept grands enjeux prioritaires ont été identifiés :
- la biodiversité ;
- l'eau et les sols ;
- l'agriculture ;
- les villes ;
- les entreprises et l'économie ;
- le social et la santé ;
- les infrastructures.
Après avoir ensuite défini une série d’objectifs et d’axes d’intervention stratégiques ces trois derniers mois, le Gouvernement entend finaliser les travaux d'ici la fin de l'année. Les prochains mois seront consacrés à la construction du plan d’actions, qui traduira les orientations décidées en mesures concrètes. Un cadre de suivi et d’évaluation sera mis sur pieds dans le même temps.
D’ici là, d’autres projets en matière d’adaptation seront entamés, tels qu’un développement du portail cartographique issu de l’étude de vulnérabilité afin d’en faciliter la prise en main. Et ce, en parallèle des efforts déjà menés sur la réduction des émissions de CO2 (atténuation).
Approche transversale
L'approche retenue démontre que l'adaptation ne relève pas d'une seule et unique compétence. Elle concerne l'ensemble des leviers qui façonnent le territoire. C'est pourquoi l'ensemble des Ministres, des administrations et des organismes publics concernés sont associé à la démarche.
La question des inondations a naturellement occupé une place importante dans la réflexion menée jusqu’ici. Sans se limiter à la gestion de crise, les travaux privilégient une approche préventive visant à réduire les risques en amont. Les pistes étudiées portent notamment sur une meilleure gestion des eaux de ruissellement, le renforcement de l'infiltration naturelle dans les sols, une prise en compte accrue des risques dans l'aménagement du territoire ou encore le renforcement de la résilience des infrastructures essentielles.
Cécile Neven, Ministre wallonne du Plan Air-Climat : « Les inondations de 2021 ont profondément marqué la Wallonie. Nous avons le devoir d'en tirer toutes les leçons. Préparer notre territoire aux défis de demain n'est pas une option : c'est une question de bonne gouvernance. Notre rôle est d'anticiper les risques, de renforcer la résilience du territoire et de mieux protéger les citoyens, les infrastructures et l'activité économique. C'est tout le sens du travail que nous menons aujourd'hui avec l'ensemble du Gouvernement, afin de doter la Région d'une stratégie d'adaptation cohérente, pragmatique et tournée vers des actions concrètes. »
La Wallonie lance « Rives » pour rendre visible la reconstruction de la vallée de la Vesdre
Le Gouvernement wallon lance « Rives », un dispositif inédit pour permettre aux citoyens de comprendre et de s’approprier les chantiers de reconstruction et de prévention menés depuis les inondations de juillet 2021, en les rendant plus visibles et plus lisibles. Déployé à partir du 25 juin dans la vallée de la Vesdre, Rives offre aux citoyens un point d'information unique et met à disposition des communes des outils de communication communs.
Depuis 2021, de nombreux chantiers de reconstruction et de prévention avancent sur le terrain. Mais menés à des endroits différents, par des opérateurs différents, ils restent souvent perçus comme des initiatives isolées. Leur ampleur, et la dynamique d'ensemble dans laquelle ils s'inscrivent, échappent largement aux habitants. Rives répond à ce constat en réunissant tous ces projets sous une identité commune, reconnaissable d'un chantier à l'autre, quelle que soit la commune concernée.
Une plateforme et une carte interactive pour s'informer
Une plateforme web centralise désormais l'ensemble des informations sur les projets en cours. Grâce à une carte interactive, chacun pourra suivre l'évolution des chantiers, près de chez soi comme à l'échelle du territoire, et mesurer concrètement l'ampleur du travail accompli. La plateforme constituera le point d'entrée unique pour les citoyens, les élus et les partenaires souhaitant s'informer.
Des outils clés en main pour les communes
Les communes et leurs partenaires disposeront d'une boîte à outils prête à l'emploi : modèles de supports, visuels déclinables, contenus pour les réseaux sociaux et les bulletins communaux. Objectif : leur permettre de communiquer plus facilement avec leurs habitants, en parlant tous d'une même voix.
Une présence visible sur le terrain
Aux abords des travaux, panneaux, bâches et signalétique aux couleurs de Rives permettront aux riverains d'identifier immédiatement les chantiers liés à la reconstruction et à la prévention des inondations. Des supports d'information seront également installés sur place pour expliquer la nature et l'avancement des travaux.
Installer durablement la culture du risque
Au-delà des chantiers, Rives diffusera des contenus pédagogiques courts et accessibles sur la gestion du risque inondation, le fonctionnement des cours d'eau et la résilience des territoires. Une manière d'ancrer durablement, auprès du grand public, une véritable culture du risque.
Le nom « Rives » et sa signature, « Du plateau à la vallée », ont été choisis pour leur portée large : ils évoquent l'ensemble des cours d'eau wallons et de leurs territoires, ainsi que la continuité de l'action publique le long des bassins versants.
« Depuis 2021, des chantiers avancent partout sur le terrain. Mais ce travail considérable reste encore trop souvent invisible pour celles et ceux qui le vivent au quotidien. Avec Rives, nous donnons un visage commun à la reconstruction. Les habitants pourront suivre l’avancement des travaux près de chez eux, des travaux réfléchis collectivement à l’échelle de toute la vallée. Les communes disposeront aussi d’outils concrets pour en parler. C’est aussi une façon d’ancrer durablement la culture du risque inondation en Wallonie », souligne Anne-Catherine Dalcq.
Le dispositif Rives sera déployé dans son intégralité le 25 juin 2026 : signalétique sur les sites de chantier, ouverture de la plateforme web et de sa carte interactive, mise à disposition de la boîte à outils pour les communes et premiers contenus pédagogiques.
La reconstruction passe aux grands chantiers dans la vallée de la Vesdre
Près de cinq ans après les inondations de juillet 2021, la vallée de la Vesdre va changer. Elle entre dans une phase décisive de reconstruction, avec des travaux concrets pour mieux protéger les habitants, renforcer la résilience du territoire et améliorer durablement le cadre de vie. L’année 2026 marque le déploiement de 14 chantiers structurants, dont plusieurs sont déjà lancés et d’autres entreront progressivement en phase opérationnelle.
Le Gouvernement wallon a pris acte de l'état d'avancement du programme 319 du Plan de relance, présenté par la Ministre de la Nature, Anne-Catherine Dalcq, compétente pour les cours d'eau non navigables. Les premiers chantiers d'urgence sont terminés et quatorze chantiers structurants sont aujourd'hui en cours ou démarreront en 2026, dans cinq communes de la vallée.
Une première phase d'urgence terminée
Depuis 2021, la Wallonie a d'abord répondu à l'urgence. Une cinquantaine d'interventions, qui pouvaient être menées sans étude hydraulique préalable, ont été réalisées pour 16 millions d'euros. Elles ont permis de sécuriser les berges les plus fragilisées, de remettre en état les ouvrages les plus exposés et de réaliser les réparations les plus pressantes. Ces premiers chantiers sont aujourd'hui achevés.
Quatorze grands chantiers en 2026
La reconstruction entre, maintenant, dans sa partie la plus exigeante, avec des chantiers structurants qui nécessitent des études approfondies et une validation technique. Quatorze d'entre eux sont en cours ou démarreront cette année :
• Chaudfontaine : 4 chantiers
• Theux : 3 chantiers
• Spa : 3 chantiers
• Pepinster : 2 chantiers
• Limbourg : 2 chantiers
On y trouve des sites bien connus des habitants, comme les abords du lac de Warfaaz à Spa ou le barrage Raxhon à Theux.
Verviers, Eupen et Trooz : la modélisation avant les travaux
À ce stade, aucun chantier n'est programmé à Verviers, Eupen et Trooz. Dans ces trois secteurs, les travaux seront définis à partir des résultats de la modélisation hydraulique, en cours de finalisation. Il s'agit d'éviter une reconstruction à l'identique et de s'assurer que chaque aménagement réponde au risque de crue.
À Verviers, les cahiers des charges sont en préparation.
À Trooz, l'analyse des acquisitions foncières se poursuit.
À Eupen, la programmation dépend de l'étude de gestion dynamique des barrages.
La modélisation du bassin se poursuit
Réalisée avec l'Université de Liège, la modélisation complète du bassin de la Vesdre avance tronçon par tronçon. Elle sert à comprendre le comportement hydraulique de la rivière et à simuler des événements extrêmes, afin de retenir les solutions les plus efficaces. C'est sur cette base qu'est établi le calendrier des grands chantiers.
« Cinq ans après la catastrophe, nous changeons d'échelle. Les réparations d'urgence sont faites, et nous lançons maintenant les chantiers qui vont redessiner la Vesdre pour mieux la protéger des crues. Nous voulons aller vite, mais sur des bases sérieuses et solides. Les premiers grands chantiers, sur base des études hydrauliques, ont commencé », souligne Anne-Catherine Dalcq, Ministre de la Nature
Les moyens et le pilotage
Le programme 319 représente environ 453 millions d'euros, dont 300 millions financés par un prêt de la Banque européenne d'investissement. Ce prêt impose que les ouvrages reconstruits soient plus résilients qu'auparavant et privilégient les solutions fondées sur la nature, notamment en redonnant de l'espace à la rivière.
La SPI, l'agence de développement de la province de Liège, assure la maîtrise d'ouvrage jusqu'à fin 2027. Pour accélérer le lancement des grands chantiers, le Gouvernement wallon a débloqué une tranche de 72,9 millions d'euros en décembre 2025.
La coordination a également été renforcée. Un comité technique, le COMAC Berges de la Vesdre, valide les projets, et une Task Force facilite les échanges avec les communes.
L'avancement de chaque chantier est communiqué aux acteurs locaux à l'aide de plannings régulièrement mis à jour.
Au-delà de la vallée de la Vesdre
La vallée concentre les chantiers les plus lourds, mais l'approche vaut pour l'ensemble de la Wallonie, où la reconstruction menée depuis 2021 cherche à rendre les territoires mieux armés face aux événements climatiques extrêmes. Les prochains mois seront consacrés au démarrage effectif des grands chantiers et à la poursuite des modélisations, qui orienteront les interventions suivantes.


