Permis de conduire : vers des examens théoriques plus accessibles pour les conducteurs professionnels
Le Gouvernement wallon, sous l’impulsion de François Desquesnes, Ministre de la Mobilité en charge de la Sécurité routière, a adopté en première lecture un projet d’arrêté visant à élargir le projet-pilote relatif à l’examen théorique du permis de conduire en session spéciale et en session adaptée. Concrètement, cette évolution permettra aux candidats aux permis du « groupe 2 » (C1, C1+E, C, C+E, D1, D1+E, D et D+E) d’accéder à ces sessions lorsqu’ils remplissent les conditions prévues. Ces permis concernent notamment les conducteurs de poids lourds, d’autobus et d’autocars.
Une organisation plus homogène pour tous les candidats
Jusqu’ici, le projet-pilote concernait le permis B. L’objectif est désormais de garantir une approche plus cohérente et plus simple pour l’ensemble des candidats qui remplissent les conditions prévues.
Les sessions spéciales et adaptées permettent aux candidats rencontrant certaines difficultés, notamment intellectuelles, de passer l’examen théorique dans des conditions mieux adaptées à leurs besoins.
Avec cette extension, les candidats aux permis du « groupe 2 » pourront, eux aussi, accéder à ces dispositifs. Cette évolution permettra d’unifier les modalités d’organisation des examens théoriques et d’éviter la coexistence de systèmes différents selon la catégorie de permis. Elle renforce ainsi l’égalité de traitement entre les candidats, tout en tenant compte des réalités rencontrées sur le terrain.
Une gestion plus claire des données
Le projet d’arrêté précise également la manière dont les données issues des attestations de demande de participation à une session spéciale ou adaptée sont transmises aux centres d’examen. Seules les données présentes sur ces attestations seront digitalisées et encodées dans les bases de données des centres d’examen du permis de conduire. Cette précision vise à renforcer la transparence, la sécurité administrative et l’efficacité du dispositif.
Une mesure utile pour la mobilité et l’emploi
En Wallonie, les métiers liés au transport de marchandises et de personnes jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne, l’économie et les services aux citoyens. Faciliter l’accès à un examen théorique adapté, dans un cadre clair et contrôlé, est une mesure concrète pour soutenir ces parcours professionnels.
« Je me réjouis de cette avancée, qui apporte une réponse simple et utile à des candidats qui préparent des permis essentiels pour notre mobilité et notre économie. Notre responsabilité est d’organiser les examens de manière juste et efficace », souligne François Desquesnes.
Le Gouvernement wallon charge à présent le Ministre de la Mobilité, en charge de la sécurité routière, de solliciter l’avis du Conseil d’État sur ce projet d’arrêté dans un délai de 30 jours.
Ce projet d’arrêté illustre la volonté du Gouvernement wallon de construire une mobilité accessible et responsable, en évaluant les dispositifs existants et en les adaptant aux besoins des citoyens et des professionnels.
Chèques-entreprises : une réforme en profondeur pour remettre l’entreprise au centre du jeu
Ce jeudi 21 mai, le Gouvernement wallon a adopté, en troisième lecture, le projet de décret réformant le dispositif des chèques-entreprises. Une décision qui acte une réforme attendue et tranche avec un système qui, au fil des années, avait perdu en lisibilité et en efficacité.
Un système qui s’est éloigné de son objectif initial
Les chèques-entreprises ont été conçus pour soutenir les entrepreneurs dans leurs projets.
Mais au fil du temps, le système s’est complexifié… et a fini par s’éloigner de cet objectif.
Les constats font aujourd’hui consensus (administration, audit interne, instances consultatives), plusieurs dérives se sont durablement installées :
- une logique progressivement tirée par l’offre plutôt que par les besoins réels des PME ;
- une multiplication des prestataires sans activité réelle mesurable ;
- un système de plus en plus complexe et peu lisible pour les entreprises.
Un chiffre résume la dérive : près de 190 prestataires pour environ 400 chèques formation à la création d'entreprise par an !
Résultat :
- un accompagnement parfois fragmenté ;
- une qualité difficile à garantir ;
- un dispositif qui ne jouait plus pleinement son rôle de levier pour les entreprises.
Un système devenu difficile à piloter et à sécuriser
Au-delà de son efficacité, c’est aussi la solidité du dispositif qui était en cause.
Plusieurs analyses ont mis en évidence :
- une gouvernance éclatée et peu réactive ;
- une chaîne de paiement fragile, exposée à des risques de blocage ;
- un fonctionnement reposant sur des équilibres techniques instables.
Une réforme de rupture : on change complétement de logique
Le Gouvernement ne corrige pas à la marge. Il change de logique.
Fin d’un système structuré par l’offre : le dispositif est désormais construit autour du besoin réel des entrepreneurs et des PME.
Avant :
- un accès aux chèques largement structuré par l’offre disponible ;
- une entreprise souvent dépendante du prestataire ;
- un système devenu peu lisible.
Après :
- une demande initiée par l’entreprise ;
- un accompagnement basé sur le besoin réel et le stade de développement ;
- des prestataires mieux encadrés et évalués ;
- une plateforme unique et un parcours simplifié.
Objectifs : moins de dispersion, plus d’impact concret pour les PME.
Un dispositif aligné sur le parcours réel des entreprises
Le nouveau dispositif couvre l’ensemble du parcours de l’entreprise, de la création à la transmission, avec des accompagnements structurés autour de besoins concrets : création, organisation et compétitivité, croissance, innovation, numérique, économie circulaire, internationalisation et transmission.
Le dispositif est également articulé avec les autres aides existantes pour offrir un parcours plus cohérent et éviter les effets de saupoudrage.
Une transition sécurisée, sans pénaliser les entreprises
Un moratoire temporaire sur les reconnaissances de nouveaux prestataires permet de :
- stabiliser le dispositif ;
- organiser la transition vers le nouveau modèle ;
- garantir la continuité des aides.
La réforme se déploie sans rupture pour les entreprises bénéficiaires.
Pierre-Yves Jeholet : Ce système était devenu trop complexe et moins efficace. On l’a remis à plat. On fixe aujourd’hui un cap clair : simplifier l’accès aux aides, renforcer l’accompagnement et mieux utiliser l’argent public. Moins de complexité, plus d’impact concret pour les entreprises wallonnes.

