Pesticides contenant des PFAS : la Wallonie se prononce pour une interdiction progressive des usages professionnels et privés
Le Gouvernement wallon a validé une position visant à réduire l’exposition de la population aux PFAS, en particulier via l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, tant pour les particuliers que pour les professionnels, et en s’appuyant sur l’existence d’alternatives.
Dans le cadre d’une note faisant le point sur la stratégie wallonne relative aux PFAS, cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie wallonne de prévention des risques sanitaires et environnementaux, en ciblant prioritairement les usages évitables. Le Gouvernement wallon charge son représentant au Comité d’agréation des produits phytopharmaceutiques* de défendre, lors de la réunion du 28 avril 2026, la position suivante :
Pour les usagers non professionnels : interdire les produits phytopharmaceutiques contenant des PFAS;
Pour les usagers professionnels : interdire les usages de produits phytopharmaceutiques contenant des PFAS lorsqu’il existe des alternatives commercialisables, agronomiquement et économiquement praticables, en procédant à une évaluation au cas par cas (culture, type de substance) ;
Etablir la liste des interdictions possibles en présence d’alternatives en concertation avec les syndicats agricoles ;
Soutenir, au niveau européen, le retrait des substances actives appartenant à la famille des PFAS.
La note adoptée par le Gouvernement wallon dresse par ailleurs un état des lieux complet de la situation des PFAS en Wallonie (surveillance des eaux de distribution et des eaux brutes, suivi des sols et des boues, enquêtes environnementales autour des sites à risque, biomonitorings des populations et des agriculteurs, expertise scientifique indépendante, évolution des normes et coordination fédérale et européenne) et confie au Ministre compétent une série de mandats, notamment :
La poursuite des campagnes de mesures des PFAS dans les différentes matrices environnementales (eaux, sols, boues de stations d’épuration) ;
Le renforcement des outils de suivi et de transparence, notamment par la poursuite du développement de l’outil cartographique
Le déploiement et le suivi des dispositifs sanitaires, incluant la mise en œuvre du projet Ovo‑Diagnostic relatif à la qualité des œufs auto‑produits
L’adaptation du cadre réglementaire wallon, la poursuite des travaux sur les valeurs seuils PFAS et la prise en compte des spécificités régionales ;
La coordination avec les autorités compétentes en matière de sécurité alimentaire, en particulier l’AFSCA
Ainsi que le suivi des travaux relatifs à un fonds d’indemnisation PFAS et la défense d’une responsabilité élargie des producteurs.
Yves Coppieters, Ministre wallon de la Santé et de l’Environnement : « La réduction de l’exposition aux PFAS passe d’abord par une action sur les usages là où cela est possible. En préparant une restriction progressive des pesticides concernés, pour les particuliers comme pour les professionnels, la Wallonie fait le choix d’une prévention responsable, fondée sur la science, la concertation et la protection de la santé publique.»
*Le Comité d’agréation des produits phytopharmaceutiques (ou comité d’agréation des pesticides à usage agricole) est l'organe national officiel qui rend des avis sur l'autorisation, la modification ou le retrait des produits phytopharmaceutiques (pesticides). Il évalue la sécurité des produits avant leur mise sur le marché pour protéger l'homme et l'environnement.

