La première liste rouge de la flore vasculaire de Wallonie propose un état des lieux inédit du risque d’extinction à l’échelle régionale. Sur les 1284 espèces indigènes évaluées selon les critères de l’UICN, plus de 40 % sont aujourd’hui menacées et plus de 7 % déjà éteintes. Si une légère amélioration est observée par rapport à 2006 pour certaines espèces, la situation globale reste préoccupante...
L'évaluation porte sur les plantes vasculaires indigènes (plantes à fleurs, fougères et conifères) ayant colonisé la Wallonie par des moyens naturels. Au total, 1284 espèces ou sous-espèces ont été retenues.
L'analyse s'appuie sur plus de 4,5 millions de données provenant de portails d'observation, de bases de données institutionnelles et de contributions de naturalistes.
Les statuts de menace sont attribués selon les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), adaptés au contexte régional et, lorsque nécessaire, affinés par expertise afin de tenir compte de situations biologiques non pleinement accessibles à l'analyse statistique.
La seule comparaison possible est celle réalisée avec l'unique référence antérieur, la liste des espèces rares, menacées et protégées de Wallonie parue en 2006. Pour les espèces évaluées aux deux périodes, la tendance montre une légère amélioration :
- le nombre d'espèces éteintes a baissé de 16 unités ;
- le nombre d'espèces menacées recule globalement (-19), avec un léger glissement vers des statuts de moindre menace.
La situation actuelle reste néanmoins préoccupante au vu de la proportion d'espèces actuellement menacées (plus de 40%) et déjà éteintes (plus de 7%).
Espèces et milieux les plus touchés
Les espèces menacées occupent une large diversité de milieux, mais certaines tendances peuvent être discernées :
- les friches et prairies, milieux peu propices à accueillir une grande variété d'espèces rares (souvent exigeantes du point de vue de leur écologie) contiennent, de facto, une faible proportion d'espèces menacées ;
- les forêts, connues pour leurs qualités de résilience intrinsèques, présentent, elles aussi, peu d'espèces menacées en proportion ;
- les rochers et les pelouses (sauf acidiphiles), milieux plus sensibles, contiennent une très grande proportion d'espèces menacées (60 à 80%) ;
- enfin, les milieux aquatiques sont aussi particulièrement touchés par le risque d'extinction du fait de la pollution et autres dégradations de la qualité des eaux.
Ce qui marque ici, c'est le niveau de la menace au-delà de son apparente hétérogénéité : même dans les milieux les moins touchés, près de 25% des espèces sont menacées.
Tendances générales
Un glissement léger vers des statuts de moindre menace s'observe pour les espèces déjà considérées en 2006. Néanmoins, de nombreuses espèces non évaluées en 2006 (et a priori moins sujettes à la menace) se classent pourtant en 2022 dans un des 3 statuts de menace. Une réelle tendance ne pourra être dégagée que lors de la mise à jour décennale.
Les résultats complets sont à retrouver sur le Portail Biodiversité de la Wallonie.

