Depuis plusieurs mois, le Gouvernement wallon procède à une réforme du dispositif d'accompagnement des chercheurs d’emploi. Après l’adoption de deux arrêtés en 2025 portant sur les étapes du parcours d'accompagnement, un décret qui définit le rôle du Forem et a été voté. Une refonte du système des Agences locales pour l'emploi (ALE) est également programmée.
Du côté de la personne en demande d'emploi, l'accompagnement est revu de la façon suivante.
Chaque inscription, qu'elle soit faite en ligne, par téléphone ou en présentiel :
- Engage le chercheur d'emploi à être actif et proactif dans sa recherche d'emploi ;
- Déclenche la création d'un espace personnel numérique (avec un CV en ligne) lui permettant d'accéder à son dossier unique lui offrant une vision globale de son parcours et de suivre ses actions ;
- Active systématiquement un plan d'actions obligatoire personnalisé, avec des démarches concrètes à entreprendre rapidement (formations, bilans de compétences, stages, validation de compétences, démarches personnelles réalisées par le chercheur d'emploi,...) ;
- Rend le profil visible auprès des employeurs, dès qu'un métier cible est défini et communique des offres d'emploi pertinentes correspondant au profil du chercheur d'emploi.
En fonction d'une analyse au niveau de l'employabilité (compétences, freins, potentiel d'insertion) et du degré d'autonomie numérique, le chercheur d'emploi est orienté vers l'un des 4 types d'accompagnement :
- Digital interactif : pour les profils très autonomes et proches de l'emploi, avec suivi à distance via l'espace personnel ;
- En ligne avec un conseiller : pour ceux qui peuvent avancer de manière autonome, proches de l'emploi mais qui ont besoin d'échanges réguliers ;
- Axé métier : pour ceux qui ont un bon potentiel d'insertion, mais ne disposent pas des compétences numériques suffisantes pour un accompagnement à distance ou qui présentent une employabilité moyenne, nécessitant un renforcement de compétences pour accéder à l'emploi dans leur secteur cible. Cet accompagnement peut inclure des formations qualifiantes, des ateliers pratiques, des validations de compétences ou des mises en situation professionnelles.
- Multidimensionnel : pour les publics plus éloignés de l'emploi, confrontés à des freins multiples, nécessitant un suivi intensif et pluridisciplinaire (santé, logement, remobilisation...), en lien avec des opérateurs spécialisés.
Tout au long du parcours, le type d'accompagnement peut évoluer en fonction de la progression, des difficultés rencontrées ou d'un signal d'alerte.
Le contrôle de la recherche active d'emploi pour tous les chercheurs d'emploi est dorénavant assorti de sanctions en cas de manquement. En cas de non-réponse, d'abandon de formation, de refus d'emploi ou de formation ou de non-collaboration répétée, à côté de sanctions financières, des mesures sont prévues pouvant aller jusqu'à la fin de l'accompagnement et de l'inscription au Forem.
Forem : garant du parcours
Le nouveau décret définit le rôle du Forem ainsi que le rôle celui des opérateurs publics et privés et des employeurs.
Le Forem est identifié comme le garant du parcours. Il est responsable de sa cohérence et du suivi global. Pour remplir cette mission, il dispose des outils suivants :
- un dossier unique permettant une meilleure coordination entre acteurs ;
- un accompagnement digital interactif pour renforcer le suivi et améliorer la qualité des échanges ;
- une amélioration de la qualité et de la fiabilité des données ;
- la possibilité de déléguer l'accompagnement à un tiers public ou privé;
Refonte du dispositif ALE
Dans le cadre du décret, le Gouvernement wallon a également validé, en première lecture, une réforme du dispositif des Agences locales pour l'Emploi (ALE). Le système actuel va être remplacé par un nouveau dispositif de prestations à heures limitées, désormais directement intégré dans le parcours du chercheur d'emploi et piloté par le Forem.
Ce nouveau mécanisme repose sur les principes suivants :
- des prestations limitées dans le temps (max. 6 mois) considérées comme tremplin vers l'emploi avec une possibilité de renouvellement pour les personnes ayant une aptitude réduite au travail ;
- un encadrement renforcé via les futurs Points de contact uniques ;
- une revalorisation de la rémunération (de 4,10 € à 6 €/heure) ;
Le futur dispositif sera recentré sur les publics suivants : chercheurs d'emploi à employabilité faible ou très faible, personnes avec aptitude réduite au travail et chercheurs d'emploi à employabilité moyenne inscrits depuis au moins 12 mois au Forem.
Parallèlement, les utilisateurs seront élargis (administrations régionales, organismes publics régionaux, zones de police et de secours, pouvoirs locaux) et les activités éligibles seront étendues, tout en restant strictement en dehors des circuits classiques du travail afin d'éviter toute concurrence.
Selon le Gouvernement, la réforme n'engendrera pas de perte de personnel et pas d'incidence sur les activités liées aux titres-services. Elle garantira par ailleurs le maintien des services essentiels, notamment les garderies dans les écoles et l'accueil extrascolaire, via des mesures transitoires adaptées.

